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La danse du jour...

« Se souvenir, se mouvoir, se toucher. Adopter des attitudes. Se dévêtir, se faire face, déraper sur le corps de l’autre. Chercher ce qui est perdu, proximité. Ne savoir que faire pour se plaire. (…) Reproduire ce qu’on a vu. S’en tenir à des modèles. Vouloir devenir un. Etre dépris. S'enlacer. Aller vers l’autre. Se sentir. Danser. Protéger. Mettre de côté les obstacles. Donner aux gens de l’espace. Aimer.»

extrait de "Pina Bausch, une histoire du théâtre dansé" de Raimund Hoghe.




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Vendredi 1 février 2008
sawa, sawa 
...comme une invitation au voyage

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sawa sawa s'offre comme un paysage imaginaire, un étrange poétique, un monde de sensations.

En japonais « sawa sawa »  signifie le passage de l’air dans la végétation et le son que font alors les feuilles et les brins d’herbes en se frottant les uns les autres. Image poétique du vent, mais aussi de façon métaphorique la grâce, la beauté…

Il est aussi d’autres manifestations sonores du vent. Les frémissements, les murmures de la flore, les caresses et le souffle du vent, les palpitations frénétiques des cerfs-volants… Autant d'impressions et de sensations que la danse donne à voir. 

Le vent se devine en dessinant des remous dans le paysage… Il suffit de s’arrêter, d’ouvrir les yeux, de tendre l’oreille…
 
Pascal Giordano part, avec cette pièce, à la recherche d'un état de corps particulier. Les corps sont portés et poussés par les courants de l'air, à la fois aériens et enracinés, incarnant la trace, le passage. 

L'écriture est fluide, ondulante, frémissante ; elle peut aussi se faire tempête, vive et violente.

Prolongeant dans ce spectacle les thèmes chers à sa recherche chorégraphique, l'émotion de l'abstrait, du poétique, du délicat, du gracieux, Pascal Giordano propose ici un dialogue des sens et des corps à partager avec le public, laissant la liberté au spectateur de prolonger les images proposées et les sensations traversées.

L’environnement de la danse et de la gestuelle est fait de suggestion. La danse est écrite pour sculpter l’espace et le temps, en apportant un soin particulier à l’esthétique. Un dialogue entre pesanteur et légèreté, rigidité et fluidité, immobilité et mouvements, lenteur et vélocité…



Pascal Giordano...

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Avant de commencer une carrière artistique, Pascal Giordano fut électricien, passionné d’arts plastiques. Il découvre la danse à 22 ans. Autodidacte, il façonne son propre vocabulaire chorégraphique à partir d’une formation pluridisciplinaire, puis en collaborant avec plusieurs chorégraphes, dont Pàl Frenak, Luc Petton, M.I.Breuker… Ces expériences l’amènent à de nombreux voyages, moteur de rencontres et de découvertes.

Pascal Giordano crée Hapax Compagnie en 2000, puis réside plusieurs mois à Kyoto (Japon) ; une résidence marquée par la découverte de théâtre Noh et des jardins japonais. C’est lors de ce séjour qu’il trouve son langage et définit sa démarche artistique. Il découvre également cette même année l’univers et la danse de Teshigawara Saburo qui sont une révélation pour lui.
 
Au fil des ans, il acquiert un style et une écriture très personnelle. Il conçoit l’œuvre dans sa globalité, sa totalité. Le point de départ de chaque création vient d’ une image qui naît et se développe. Peu à peu prend forme l’environnement de la danse, la lumière, le climat sonore, le dispositif scénique, de façon simultané ; puis viennent les éléments de la gestuelle.
 
L’Altérité est un thème récurent dans le travail du chorégraphe. Il s’agit de rencontre. La rencontre de l’autre, de l’étranger, l’étrangeté. Dans ses spectacles, Pascal Giordano propose des paysages, traverse les frontières, part vers un ailleurs étrangement poétique, entraîne sa danse dans un monde particulier afin de rendre celle ci profondément expressive et d’amener le public dans un voyage renouvelé, teinté d’imaginaire et d’émotions.
 
« Il s’agit d’interpeller celui qui regarde, et tout autant celui qui fait. Je cherche à exprimer avec la danse des expériences, des faits. Mais je cherche toujours à prendre des distances avec la réalité, préférant accorder un traitement plus esthétique et symbolique au sujet abordé. La réalité pour elle, ce n’est pas ce qui m’intéresse dans mes spectacles. »

On trouve dans le travail de Pascal Giordano une rigueur, une notion d’espace, de points de vue, de mobilité, de lumière comme dans les jardins japonais. La gestuelle est faite de suggestion, de retenue, comme dans la danse et le théâtre nippon. Sa danse est écriture, sculpture de l’espace et du temps, jouant sans cesse de ruptures de rythmes, apportant un soin particulier à la précision, aux entre deux, à l’esthétique. Dévoiler plus que montrer semble être dans les manières du créateur.

« La culture japonaise imprègne mon travail et mes pièces, mais j’essaie d’éviter le mimétisme, les citations techniques, le style d’Asie. Il s’agit de mon interprétation de cette culture. Elle me donne une façon de voir la danse, la chorégraphie, la scénographie, le spectacle comme un manifeste artistique. Il s’git d’un langage mis au service des émotions, qui effleurent dans chaque respiration, la force d’une ligne ou la souplesse d’une courbe. »

Depuis la création de sa propre compagnie en 2001, Pascal a créé plusieurs pièces dont «A l’écart », «Choses rapportées du Japon », «Apparitions », «BARBARIE voyage à la frontière de l’autre », «Des Doubles »…



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sawa sawa a été présenté

les 22 et 23 février 2008 à Mains d'Œuvres


chorégraphie, décor, conception, lumières et costumes : Pascal Giordano
interprète : Pascal Giordano        
musique originale : Sébastien Berteau
vidéo : Claudio Cavallari
lumières : Jérome Bertin
costumes : Sandrine Baudoin
durée  50 mn
spectacle tout public (à partir de 12 ans)


production  Hapax Compagnie, avec le soutien financier de la DRAC Picardie, du Conseil Régional de Picardie et celui ENVISAGE  du  Conseil Général de l’Oise,  en partenariat avec le Palace de Montataire (60), Mains d’Oeuvres, Micadanses, le Centre Culturel Municipal de Tergnier. Remerciements au conservatoire de Châtillon (92)

visitez aussi le site de la compagnie:
www.hapaxcompagnie.com
 







par Mains d'Oeuvres publié dans : Nous avons aimé...
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Commentaires

D'abord la rue Charles Garnier avec sa rangée sage de petits pavillons
aux fenêtres éclairées puis la coupole de Mains d'Oeuvres se détachant
dans la nuit comme un tableau d'E.Hooper. Je rentre et distille ce
moment d'impatience dans cette salle si belle : bougies sur les tables,
abat-jour métalliques coupant la lumière pour laisser la place à l'ombre
qui bientôt nous accueillera sur le plateau de danse. Un temps pour
siroter un café et s'habituer à ceux avec qui on partagera le spectacle.
Je repère un essaim rieur d'adolescentes.
Voilà, nous y sommes, serrés sur les gradins qui surplombent l'arène de
lumière ou Pascal Giordano nous offrira ce Sawa Sawa qu'il a enfanté
pendant de longs mois dans cet espace dédié aux artistes après avoir été
le centre social des usines Valeo.
Quelques notes de piano éveillant un corps chrysalide, là-bas, enfoui
dans l'ombre.
Si je devais donner un nom à ce qui s'éveille sous mes yeux et dans mes
oreilles, j'écrirai : l'empreinte du vent.
Cézanne m'avait appris l'épaisseur de l'air et comment il s'adossait à
la chair de ses paysages, Pascal Giordano m'apprend l'enfouissement dans
l'air, le combat contre le vent, avec de grands jets d'incroyables
lumières et couleurs qui semblent nées de ses mouvements.Sébastien
Berteau et Claudio Cavallari, ses deux complices épousent les vibrations
de ce corps dont seuls les bras et le visage émergent d'un souple
vêtement noir.
L'HOMME BAIGNE DANS LA LUMIERE, DANS LA MUSIQUE, HALETE ET SE TORD.
L'air devient eau, l'homme devient poisson, oiseau, tronc, branches,
bourgeons, racines et terre. Il devient le lien entre les étoiles et le
vent. Il tâtonne, titube, tombe et se relève. "Il est possédé" dira une
très jeune fille assise devant moi. "Il est ivre" dira une autre. Elles
ont tout compris de cette osmose parfaite de ce danseur et de sa folie
de danser. Il se déroule, se ramasse, se pend de tout son poids à sa
main cueillant un souffle de vent, offerte au bout de son bras devenu
branche. Il jaillit, nous arrachant à notre pesanteur de terreux, de
glaiseux, expiant une douleur venu comme un sanglot du bout du monde.
La scène est devenu un espace pictural plein de mouvements. Puis il
s'absente, avalé par la nuit comme Icare qui a voulu prendre les ailes
de l'oiseau...
Merci Pascal ! Merci Mains-d'Oeuvres !
Christiane
commentaire n° : 1 posté par : Chrsitiane Parra le: 23/02/2008 11:19:47

Danse à l'oeuvres

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