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« Se souvenir, se mouvoir, se toucher. Adopter des attitudes. Se dévêtir, se faire face, déraper sur le corps de l’autre. Chercher ce qui est perdu, proximité. Ne savoir que faire pour se plaire. (…) Reproduire ce qu’on a vu. S’en tenir à des modèles. Vouloir devenir un. Etre dépris. S'enlacer. Aller vers l’autre. Se sentir. Danser. Protéger. Mettre de côté les obstacles. Donner aux gens de l’espace. Aimer.»
extrait de "Pina Bausch, une histoire du théâtre dansé" de Raimund Hoghe.
En octobre, nous accueillons pour la deuxième fois Eric Senen avec une nouvelle pièce,
THE STILLEST
inspirée du roman "De la maladie" de Virgina Woolf
Qu'est-ce que ça entraîne le changement brutal de la position verticale et debout à la position allongée et horizontale?
Une situation à la marge et non au centre et qui peut laisser le temps et la patience d’observer et contempler les images du monde...
L’absence et la distance du monde réel créent ainsi une autre perspective du quotidien.
Le mot de Fausta Squadriti, auteur de l'installation scénographique
"L’installation qui sert de scénographie pour « The stillest », fait partie d’un ensemble sur le thème de la maladie mentale. Je me suis servie de photographies prises dans un hôpital
psychiatrique, comme il en reste nombreux de part le monde, et même en Europe. Les malades y sont tenus emprisonnés dans des conditions inhumaines, dans un état de délabrement, d’abandon, privés
de dignité.
Dans mon œuvre, je mets en parallèle les documents photographiques et la synthèse symbolique de la géométrie. Photo signifie
document, tranche de vie. Géométrie signifie maximum de l’abstraction, de la pureté et en même temps c’est l’explication synthétique de certaines réalités d’ordre conceptuel : la croix, la
svastika, le point, la ligne… En complément de ces éléments, il y’a de petites boîtes qui conservent les restes qui se référent à la vie précédant la maladie. Ces restes, isolés du contexte,
briques , cheveux, fleurs en bronze, deviennent des reliques à conserver en hommage et mémoire de ces vies brisées."
> en savoir plus sur l'oeuvre de Fausta : www.faustasquadriti.com
Le mot de David Anzaghi,
compositeur de la musique originale
"Les trois épisodes dans lesquels s’articulent ma musique composée pour la chorégraphie « The stillest » montrent une
simplification de l’écriture qui m’a paru comme une nécessité, étant donné que la musique était destinée à la danse contemporaine.
La néo-avantgarde musicale à laquelle j’ai appartenu, a été parfois attirée par des expérimentations autour du langage musical d’un tel paroxysme intellectuel, au point de devenir ésotérique, ou
pire, solipsiste. Loin de moi l’idée de lancer des anathèmes contre la néo-avantgarde, qui a été capable d’inventer de nouvelles solutions, j’en stigmatise la frénésie autiste. Mes amis Fausta
Squatriti et Eric Senen, en me proposant d’écrire la musique pour « The Stillest » et donc pour la scène, m’ont donné l’opportunité de poursuivre mon itinéraire vers une approche plus limpide
d’une musique qui surgit d’une conception de la composition qui n’essaie pas de se rapprocher de manière fourbe auprès du « public », mais qui revalorise le rôle et la fonction de l’écoute. Un
rôle et une fonction que même le compositeur devrait exercer en se souvenant qu’en les dévalorisant par des codes indéchiffrables ,il se dévalorise lui-même."
conception et chorégraphie • Eric Senen
interprétation • Christine Brunel, Charley Guerin, Fatima N'Doye
installation & photographies • Fausta Squatriti
création musicale • Davide Anzaghi
conseiller artistique • Guillaume Lemasson
avec l'aide de la DRAC Ile de France, micadanses- Paris, en coréalisation avec Mains d'Œuvres.
durée : 40/50 min.
Cette pièce a été présentée en octobre 2008.
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