Les bois de l'ombre de Maxence Rey

Publié le par Mains d'Oeuvres

Les bois de l'ombre
de Maxence Rey


« Ici, la lumière élabore ses plans dans la tâche du silence

et la nuit se met à parler aux portes.

Voici le temps du corps, le bois de l’ombre.

De l’obscurité montent des cordes transparentes,

des violons d’herbes,

un tournoiement d’ailes à contre-jour.

Quelqu’un expulse son image du miroir

et l’oblige à se faire nuage.

L’ignoré est devenu la rose du midi. »

António Ramos Rosa

 

 

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© Fabien Agnesina

« Dans un univers sobre et dépouillé, une femme est assise.
Elle est là, posée sur son socle, elle a tout son temps.
Le temps de la vie, le temps de la mort.
Le temps lui appartient.
Femme hiératique, elle nous regarde, nous humains, du fond des âges.
Elle nous observe, nous interroge, nous appelle.
Femme de l'éternité, elle est toutes les femmes.
Elle se transforme sous nos yeux, devient monstrueuse, vulnérable, manipulée, éperdue.
Femme dépouillée de tous ses pouvoirs et artifices, elle devient femme.
Femme de chair et de sang.
Vivante. » Maxence Rey



"Je cherche à travers ce premier travail à être au plus près de l’humain, dans sa
fougue à être en vie, dans sa vulnérabilité et fragilité face à la mort, dans sa puissance iconique face à l'éternité.

Corps mythique, corps brisé, corps entravé, corps absurde, corps frénétique, corps gainé, corps végétal,corps vibratoire, corps aberrant, corps en perte, corps monstrueux, corps en tension …Nombreux états de corps à habiter à travers mon enveloppe charnelle de femme en perpétuelle mutation.

Car c'est bien de mutation et de métamorphose dont traite cette première pièce.
Tout au long du solo, cette femme va vivre, subir et opérer une véritable mue, laissant derrière elle, tous les oripeaux de la femme sacrée. Délivrant poésie et fragilité, elle sera agie par une implacable et inexorable force, force du vivant - force de la mort, face à laquelle elle se cognera, s’extraira, sera épinglée, happée, entravée et dont elle s’échappera.

Femme protéiforme, quelque chose en elle se délite, se dévide, se transforme, laissant petit à petit apparaître une humanité, un apaisement, un abandon.
En perpétuelle oscillation entre légèreté et oppression, entre lumière et obscurité, entre terreur et étonnement, cette femme va sonder le mystérieux et l'étrangeté du vivant.

Dans Les Boi s de l'ombre, il y a des situations, des tensions, des silences, des emportements, des secrets, des absences, des disparitions, des aberrations, des mutations."

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© Fabien Agnesina

« La plus belle éclipse, c’est l’éclipse qui a lieu tous les soirs quand la terre qui tourne sur elle-même cache le soleil.
La plus belle éclipse, c’est quand la lumière ne peut pas traverser les corps et que les corps, dans la nuit, s’accouplent.
La plus belle éclipse, c’est quand un corps s’éclipse derrière un autre corps, c’est quand un corps cache un autre corps et que les corps s’ouvrent pour se laisser passer et s’introduire les uns dans les autres comme une autre lumière qui les traverserait et qui permettrait au monde de continuer à exister.
Les corps s’accouplent pour ne plus projeter leur ombre et devenir transparents, pour ne plus s’échapper et disparaître.
Les corps s’accouplent pour se trouer de toute la lumière du monde et devenir
vivants. » Jean-Luc Parant

 

Maxence Rey...

 

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© Marie-Pierre Lagarrigue


Exploratrice d’un corps sensible, Maxence Rey recherche particulièrement les zones frontières entre la danse et le théâtre et pratique de fait une physicalité de mouvement. Avant de se consacrer exclusivement à la danse, elle est coordinatrice et programmatrice de la danse àMains d’Œuvres, et encore bien avant, chef de projet en informatique. Complice dans ses collaborations artistiques, elle travaille régulièrement avec Isabelle Esposito / compagnie Les Semeurs, Olivier Comte / Les Souffleurs - commandos poétiques, Nicole Mossoux et Patrick Bonté / compagnie Mossoux-Bonté, Christian Bourigault et Séverine Delbosq. Elle rencontre plus récemment les univers de Geisha Fontaine et Pierre Cottreau / Mille Plateaux Associés (Je ne suis pas un artiste), de Kataline Patkaï/Compagnie Patkaï (Sisters) et de Marion Coutarel/Théâtre de la Remise (Top Girls). En parallèle, elle poursuit son exploration vocale avec le trio féminin de lectures polyphoniques à voix haute Vox Libris initié par Frédérique Bruyas, et approfondit son investigation corporelle en suivant une formation de Qi Gong, art interne énergétique chinois, avec Laurence Cortadellas et Jean-Michel Chaumet/Zhi Rou Jia - L’école du développement de la douceur.

 

 

VOIR LES BOIS DE L'OMBRE

 

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© Jérôme Delatour / Images de la danse


les 11 et 12 juin à 20H

avec

Sofia Fitas - Experimento 2

et Grazia Capri - On being an angel



Chorégraphie et interprétation : Maxence Rey
Création lumière : Cyril Leclerc
Création sonore : Vincent Brédif
Costumes : Lou Rimaé
Regard extérieur : Corinne Taraud


Production : Association Betula Lenta, avec le soutien : Centre de développement chorégraphique – Biennale de danse du Val-de-Marne pour le prêt de studios, Le Forum - scène conventionnée du Blanc-Mesnil pour le prêt de studios, de l’université Paris XIII département danse/STAPS pour le prêt de studios.En résidence d'accueil création à Mains d’OEuvres.
Remerciements : Sèverine Delbosq, Angela Conquet, Christian Bourigault – compagnie de l’Alambic,Fabien Agnesina, Hélène Lanscotte, Eva Nunes.

 



VOIR les photos de Jérôme Delatour (répétitions...)

 

 

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