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La danse du jour...

« Se souvenir, se mouvoir, se toucher. Adopter des attitudes. Se dévêtir, se faire face, déraper sur le corps de l’autre. Chercher ce qui est perdu, proximité. Ne savoir que faire pour se plaire. (…) Reproduire ce qu’on a vu. S’en tenir à des modèles. Vouloir devenir un. Etre dépris. S'enlacer. Aller vers l’autre. Se sentir. Danser. Protéger. Mettre de côté les obstacles. Donner aux gens de l’espace. Aimer.»

extrait de "Pina Bausch, une histoire du théâtre dansé" de Raimund Hoghe.




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Mardi 13 mai 2008
Les


présentent à Mains d'Œuvres, la dernière création de notre artiste sociée, Cindy Van Acker :

KERNEL

© Isabelle Meister

Pour cette pièce, Cindy Van Acker explore une dimension jusqu'ici peu présente dans son travail : la verticalité. Déchirant le plan horizontal sur lequel se déplacent habituellement ses figures en devenir, elle fait surgir trois corps à la verticale. Une fois ouvert, l'espace ne se referme pas...

Il est utilisé dans toutes ses dimensions, toutes ses possibilités de transformation - du sol jusqu’aux murs. Avec la volonté assumée « d'exploser l'espace, les murs, le plafond, le sol pour travailler dans l'illusion de l'infini », elle construit un espace mental sans séparation. L'ensemble des points de la chorégraphie se recomposent sans cesse : changements de rythme, de perspectives, entraînant le public dans un vaste mouvement migratoire.

Danseuses, son, spectateurs, tout circule sur la grande carte des territoires à découvrir – rayonnant à partir du noyau, le kernel. Ce noyau - centre spatial et conceptuel de la pièce - est lui-même multiple : repère des corps et du regard, il peut être compris selon différentes acceptations - physiques, biologiques, informatiques... Le kernel, en cybernétique, c'est ce qui permet de mettre en communication les différents composants. Suivant cette interprétation, on peut se demander : comment ça circule, comment ça se met en relation ? Comment ça communique entre les corps ?

Comme des balises, les danseuses envoient des signes, des codes à décrypter. Un système d'entrées et de sorties s’organise, qui dessine un paysage aux multiples points de vue. Comme sur une carte à échelle réelle, l'ensemble ne se laisse entrevoir que par fragments : le regard découvre une ombre seule, suit des croisements, des éparpillements, des moments de réunion. Entre les corps et le noyau, une logique évolutive se déploie, une liaison flottante qui peut évoquer une carte du ciel, rythmée par autant de constellations éphémères et changeantes, un grand circuit imprimé où l'information circule et se recombine sans cesse, dans l'espace en déploiement.
(extraits du programme des Rencontres)

© Isabelle Meister


En 2005, Cindy Van Acker créait Pneuma, une chorégraphie pour huit danseurs: qualité de mouvement rare, sens de l’espace qui venait vous émouvoir le corps et la tête, minimalisme capable de donner le vertige. Pneuma, avec sa lenteur et ses corps rivés au sol, c’était une sorte de point d’orgue aux trois solos créés depuis 2002.

Aujourd’hui, deux ans plus tard, c’est Kernel. Et il y a du changement dans l’air. Bien sûr, la sensualité du mouvement reste: cette caractéristique singulière qui fait que n’importe quel
mouvement de la chorégraphe et danseuse touche cette dimension si difficile à appréhender qu’est l’espace. Et comme dans Pneuma, elle a réussi à contaminer ses danseuses qui ont attrapé à leur tour cette qualité. Mais. Il y a donc du changement. Car Cindy Van Acker et ses deux interprètes sont debout. « Depuis des années, j’essaie de me mettre debout. Enfin, j’y réussis.» Elle avoue sa crainte de la verticalité, comme une appréhension à déchirer l’espace. À la verticale, les trois danseuses se meuvent avec toute la douceur, la finesse et la précision du monde. A trois, elles forment un triangle, chacune à son sommet, suivant l’angle que le spectateur-visiteur décide. La distance entre elles est parfaite. Très fortement en relation les unes avec les autres, elles restent pourtant autonomes. Libres. Elles se répondent tout en continuant leur ligne. Entre ces trois, se jouent ce qu’on peut rêver de mieux entre les êtres humains: de la complicité, du respect, du jeu, de l’indépendance. Petits
regards, légers sourires, concentration, elles se copient, se motivent, se relancent, légèrement décalées, mais en symbiose. C’est un choeur de femmes.

Deuxième nouveauté, le rythme peut s’interrompre, s’arrêter, s’emballer. Lenteur. Et puis, si la partition peut être très écrite, absolument minutieuse, elle joue aussi avec une valeur moins réglée, plus ronde. L’étonnante intimité qui se dégage du mouvement demeure. Même quand le battement enfle, devient bruit, grondement. Parce que la composition sonore n’hésite pas. On est dans l’industriel, le chantier, le champ de guerre, les pluies torrentielles,
le très urbain. Mais également le silence ou le calme. Tarkovski n’est pas loin. La relation qui se trame entre la détermination silencieuse des trois femmes et le bidouilleur sonore est, peut-être, universelle, parce que contradictoire, paradoxale et têtue. Ici mains, poignets,
nuques et bras s’en oulent. Là,   les corps font des dessins dans l’espace donnant un sentiment d’immensité grâce aux bras ou aux jambes qui lancent des lignes de fuite vers l’infini. Plus loin, un étrange monstre organique à six membres, mi bête, mi machine. Toujours, cette grâce, cette grâce infinie.
Caroline Coutau

© Isabelle Meister


Chorégraphie • Cindy Van Acker
Environnement sonore • Mika Vainio (live sur scène)
Lumières • Luc Gendroz
Ingénieur son • Denis Rollet
Programmation • Philip May
Costumes • Aline Courvoisier
Scénographie • Marie Szersnovicz
Interprètes Tamara Bacci, Perrine Valli, Cindy Van Acker



Voir :

KERNEL


samedi 24 mai à 18 heures
dimanche 25 mai à 16 heures


réservations au 01 55 82 08 01
places pour les habitants du département 93 en vente à Mains d'Œuvres

tarifs 16 et 11 euros
Forfait 6 places : 60 € (à partir de 6 places achetées, bénéficiez d’un tarif réduit à 10€ la place pendant toute la durée des Rencontres chorégraphiques)
Forfait 10 places : 80 € (à partir de 10 places achetées, bénéficiez d’un tarif réduit à 8€ la place pendant toute la durée des Rencontres chorégraphiques)



tout le programme des Rencontres sur
www.rencontreschoregraphiques.com/2008/
Lire aussi sur ce blog:
Cindy Van Acker, de retour...
Cindy Van Acker, un temps suisse...
par Mains d'Oeuvres publié dans : Nous avons aimé...
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Lundi 14 avril 2008
Cindy Van Acker poursuit avec rigueur et poésie l'exploration amorcée avec Corps 00:00, présené à Mains d'Œuvres en janvier dernier...


BALK 00:49


En prélude, Cindy maintient une composition chorégraphique bi-polaire où deux partitions physiques pour un seul corps sont lisibles simultanément : celle de la machine provoquant des soubresauts involontaires sur les muscles et celle écrite par la chorégraphe. Dans Balk 00:49, Cindy Van Acker tisse un parcours tendu, traversé par des ruptures et des fractures rythmiques.

Ainsi, la linéarité de son itinéraire se fragilise tout en devenant obsessionnelle. « (...) Le mot « rupture » convient donc pour désigner une des spécificités de la structure chorégraphique et aussi pour prendre position envers des valeurs intaurées, des automatismes, des banalisations. De fait il devient l’élément conducteur de l’invention espérée. »


Le corps est à la fois le sujet et le lieu de la recherche de la chorégraphe et danseuse flamande Cindy Van Acker. Son solo «Corps 00:00» se concevait comme une exploration très systématique des jeux d’influences entre le mental et le physique. Balk 00:49 greffe au corps organique des mouvements provoqués par des impulsions électriques.

© Isabelle Meister


Un corps électriquement stimulé...

"Deux partitions simultanées conduisent Balk 00:49 de Cindy Van Acker. Au corps organique se greffent des mouvements provoqués par une décharge électrique.

Un jour, Cindy Van Acker se remémore brusquement un traitement d’électrostimulation qu’un médecin lui avait prescrit, il y a douze ans de cela, pour soigner une tendinite. Le souvenir de sa jambe qui avait bougé contre sa volonté l’intrigue. Elle commence alors à réfléchir à la manière d’intégrer cette donnée à ses recherches chorégraphiques. Aujourd’hui, elle est peut-être la seule danseuse à travailler sur des mouvements déclenchés par une décharge électrique.

Mais ce n’est pas tant le souci d’originalité exclusive qui guide Cindy Van Acker: Danser, faire les spectacles que je fais », dit-elle, « est une manière de me poser certaines questions fondamentales, sur la liberté par exemple, l’autonomie ou l’indépendance de l’être humain. Si je ne les posais pas en danse, je me les poserais ailleurs.

(...)

Balk 00:49 propose au regard un corps blanc couché sur le dos, membres écartés. Une fleur charnelle, offerte en tableau. Un corps qui se met en mouvement, qui tourne au ralenti et de manière imperceptible sur les reins, comme une roue. Fluidité et consistance. Cindy Van Acker est l’épicentre d’une vibration continue. Mais il y a plus : ce début de spectacle réunit deux partitions pour un seul corps, l’une électrique et la seconde organique, si l’on peut dire. Le bras gauche, le bras droit, les mollets et le haut des cuisses, reliés aux quatre canaux d’un électrostimulateur, reçoivent des impulsions d’une fraction de seconde, selon cinq études rythmiques composées par la danseuse. On aperçoit alors une contraction rapide des muscles concernés, contraction reçue par la danseuse en toute décontraction, et qui se marie aux mouvements naturels qu’elle est en train d’exécuter par ailleurs : roulements légers, bras aériens. Un autre parti pris, dans Balk 00:49, est le suivant : ne jamais se lever.
Une directive apparemment très simple », explique-t-elle, « mais qui m’a ouvert les yeux sur une richesse chorégraphique incroyable. Par ailleurs, il y a peu de mouvements que j’arrive à faire du premier coup.

La superposition des spasmes et des séquences volontaires les rend presque surréels. Cindy Van Acker est à la recherche de mouvements qui aillent au-delà de la personne. Je voudrais rendre mon corps plus fort que moi, le laisser émerger une sorte de conscience originelle qui se trouve normalement gommée par les habitudes ou ce que nous croyons être nos limites physiques.

Balk 00:49 est une pièce austère, un travail de longue haleine, qui exige des spectateurs toute leur attention. Il n’y a rien de plaisant, on en sort fatigué mais empli d’avoir vu, d’avoir senti, d’avoir entendu cette œuvre à regarder comme une peinture. Cette fois-ci, Cindy Van Acker a travaillé sur le rythme, sur l’état couché. Elle s’est laissé arracher doucement, à la fin du prologue, les patchs qui la reliaient au câble électrique et qui s’est enroulé, comme tiré par une main invisible, dans les cintres. Elle rêve à présent, entre autres, d’un appareil élecotrostimulateur sans fil. "

Anna Hohler

© Isabelle Meister

 
conception et interprétation• Cindy Van Acker
composition sonore • Denis Rollet
lumières • Luc Gendroz
costumes • Aline Courvoisier
programmation informatique • Philip May
assistante plateau • Corina Pia
réalisation électronique • Jacques Falquet




Voir
Balk 00:49


mardi 20 mai à 20h30

dans le cadre de





à Mains d'Œuvres
10 et 7 euros

places en prévente à la FNAC
quelques places à tarif réduit sur www.billetreduc.com

Rencontre avec Cindy et son équipe à l'issue de la representation.


tout le programme du festival•
www.malaupixel.org
tout savoir sur Cindy  • www.ciegreffe.org
et  aussi, sur ce blog
Cindy Van Acker, dernière création...
Cindy Van Acker, un temps suisse...

GAGNEZ 15 places
à tarif résuit en étant les premiers à écrire à
info@mainsdoeuvres.org >> "offre blog"



Nous avons pu accueillir Cindy Van Acker grâce au soutien de




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